Passage en revue de l’évolution numérique

Le 14 janvier 2010, le quotidien Le Monde a publié, dans son supplément sur le début du XXIème siècle, un article particulièrement intéressant de Thomas Sotinel intitulé De Napster à “Avatar”, une décennie numérique qui a retenu toute mon attention.

Parce qu’il fait une analyse concise de l’évolution culturelle sous l’influence d’Internet.

Avec bon sens, il évoque tout d’abord la prouesse Napster, programme américain permettant l’échange gratuits de fichiers musicaux, qui a sévit à partir de 1999.

Sa structure étant centralisée, il fut techniquement aisé à la justice américaine d’y mettre fin pour infraction aux droits d’auteur.

Il n’empêche qu’il a ouvert la voie à de nombreux programmes P2P décentralisés, qui se sont révélés plus difficiles à contrôler.

Face aux ravages de la contrefaçon ( = exploitation de contenus protégés sans autorisation) les industries culturelles et les artistes ont réagit, de concert, en repensant leur méthodes de travail afin de protéger leurs créations.

D’où le développement de techniques de protection à l’époque (DRM) et le déploiement d’un véritable arsenal législatif – en France – qui reste encore à ajuster aujourd’hui. La dernière mesure significative, amorcée par Hadopi 2, consiste en la mise en place d’une riposte graduée dissuasive contre le piratage .

Corrélativement, ils se sont adaptés aux nouveaux comportements des consommateurs.

Par le développement de formats courts, la création de nouveaux circuits d’approvisionnement (catch up, VOD, compression de la chronologie des médias) et l’installation de la fibre optique à grande échelle afin de mettre en place le très haut débit, l’objectif de rapidité est rempli.

Le progrès a permis une amélioration des techniques et de l’esthétique numériques (3D / effets sonores ) et a fait baisser les prix.

Et demain, une nouvelle forme d’exploitation : le transmédia, par lequel une histoire se raconte sur plusieurs supports.

Enfin, l’on peut constater une certaine innovation avec l’apparition de nouveaux lecteurs numériques (MP3 à l’époque, Ipod pour l’heure + développement de la téléphonie mobile & Smart phone en tout genre) qui a su créer de nouveaux besoins.

Ces avancements sont tous autant de sujets qui me passionnent. C’est pourquoi j’ajouterai ce qui suit.

Le potentiel de la technologie numérique est donc multiple et l’apparition de nouveaux traitements de la création en témoignent. En effet, certains ont su saisir les nouvelles opportunités offertes par le Net pour rentabiliser leur activité, en développant principalement :

– la stratégie à 360° marque l’éclatement des métiers de la filière musicale. Ce modèle économique développé par Emmanuel de Buretel est utilisé par les Majors de l’industrie musicale afin de court-circuiter la contrefaçon on line ;

– l’auto-production, pour éviter la main mise des Majors sur leurs créations et pour maîtriser leur activité de A à Z ;

– la production participative dans la musique, l’audiovisuel et les jeux-vidéos, consistant pour les internautes à verser une certaine somme en vue de produire un projet artistique et le cas échéant, d’en devenir co-producteur ;

– l’exploitation tous azimuts de l’interactivité. D’une part, par les services marketing dont les activités sont désormais facilitées par la contribution des internautes. Je fais référence ici au vote organisé pour choisir la prochaine destination de l’émission Paris dernière ; et au mode de marketing viral mis en place pour annoncer la collaboration entre Kate Moss et Longchamp autour d’une collection de sacs.

D’autre part, part les artistes, qui sont désormais en rapport direct avec leur public via myspace & co.

Reste à savoir ce que veulent véritablement les créateurs. Il est facile de constater que la plupart souhaite toucher le plus grand nombre, et pas à n’importe quel prix. Même si certains se jouent totalement des droits d’auteur en initiant de nouveaux modèles économiques, leur situation ne peut devenir la règle.

Par exemple, Nina Paley, cinéaste, a décidé de mettre à disposition son film d’animation Sita sings the blues en licence libre sur le net, afin qu’il rencontre son public.

Plus tôt encore, en 2007, le groupe Radiohead avait mis en ligne leur album dont le prix dépendait du bon vouloir de ses acheteurs.

Update : Quelle ne fut pas ma surprise de lire, dans Le Monde Magazine – ancien Monde 2 – daté du 23 janvier 2010, une enquête de Laurent Charpentier titrée La musique cherche son salut sur les planches qui est totalement sur la même longueur d’onde que ce post ! A croire que ce sujet est dans l’air du temps… En tout cas, c’est un complément fort intéressant.

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This entry was published on January 21, 2010 at 11:03 am. It’s filed under Numérique and tagged , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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