Gainsbourg, un récit fantastique

Joann Sfar nous offre avec Gainsbourg, vie héroïque, un biopic surréaliste. 

L’auteur du Chat du rabbin s’est bien fait plaisir à la réalisation. Et le chef- décorateur Christian Marti, a, lui aussi, bien bossé. Pour ceux qui ne connaissent pas le premier, le générique animé est de lui : tous les dessins avec ces plans de Paris et les immeubles haussmanniens, les méduses, la façon dont le personnage nage d’image en image… Un vrai régal.

Les interprétations qui se succèdent sont succulentes : apparition de certains Deschiens, le réalisateur lui-même sous les traits de Georges Brassens, les gros plans sur le regard interloqué de Claude Chabrol… 

Mais le plus agréable fut le nombre de références rapportées et les scènes de studio mémorables. Un peu comme Les plages d’Agnès Varda.

D’abord quand, enfant, il chante dans la rue et qu’il rencontre pour la première fois sa Gueule qui grandit, grandit, grandit avec des bras multiples et qui devient son alter ego avec quelque chose de Corvax dans Big Muzzy :

Avec ses yeux fluos en dessin animé et sa voix à la Jaffar ; la scène avec Yolande Moreau dans le petit bistrot ; puis quand il rencontre ses amis de la pension au milieu des fougères (petite pensée ici à l’atmosphère onirique de Max et les maximonstres) ; Boris Vian et sa trompinette interprétée par Philippe Katerine ; Les Frères Jacques & les sonorités de Django; Klimt, son atelier, Dali ; les arrangements musicaux tout au long du film qui laissent deviner ses mélodies ; les décors de l’appartement de Juliette Greco ou de celui de ses parents rue Chaptal ; le plan quand il s’apprète à prendre un taxi à Londres avec Jane Birkin et les facades hautes à l’anglaise ; la vue de Paris depuis sa garçonnière ; son reflet dans le piano à queue entièrement laqué ; la luminosité à la plage…

Alors que Serge est un personnage encore controversé aujourd’hui et pour certains, pas du tout sympathique, l’on apprend plein de choses sur son enfance, sa difficulté à se faire entendre, les défis qui se sont présentés et les risques qu’il a pris, c’est très intéressant et ça donne des idées ! Il m’a fait pensé à mon frère et à un ami d’enfance, Yassine Saidi. 

Cependant, je trouve le titre insuffisament révélateur : “vie héroïque” doit certainement être un clin d’oeil à “année érotique”. J’aurais plutôt dit “vie fantastique”, “osée”, dont il a eu finalement une totale maîtrise à transformer ses défauts en qualité, à utiliser ce à quoi il a été contraint comme des éléments positifs et fondateurs…

Un grand moment qui donne envie de réecouter ses classiques. Mes préférés sont Le poinçonneur des LilasBonnie and ClydeLola RastaqouèreHarley Davidson et Requiem pour un con.

Sachez, pour finir, que Sfar s’est attelé à l’adaptation du Chat du rabbin en film d’animation, dont la sortie est prévue en juin 2010.

Pour en savoir plus, visitez http://www.gainsbourg-lefilm.com/ où des aquarelles de l’auteur sont en libre accès !

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This entry was published on February 14, 2010 at 1:38 pm. It’s filed under Ciné, Dans mon iPod and tagged , , , , , , , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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