Copie Conforme : un film riche en scénario

Il y a 2 ans, j’avais décidé d’arrêter d’écouter Le Masque & la Plume, l’émission radiophonique sur le cinéma et le théâtre de Jérôme Garçin, dont la plupart des critiques sont particulièrement injustes et malvenues.

Au départ, c’était leur façon de s’exprimer sur les films, de décrire ce qu’ils avaient ressenti qui m’intéressait, je veux dire au niveau du vocabulaire. Mais le problème, c’est qu’après cette émission, tu ne vas rien voir, sauf les films qu’ils recommendent et là, en général, t’es deçu, parce que eux, tu vois, ce sont de vrais pro de l’appréciation, ils parlent avec un air comme ça, et tu ne peux pas comprendre…

J’ai donc bien fait d’écouter leur émission du 3O mai en podcast après être allée voir Copie conforme, qui s’est, comme d’hab’ fait descendre : “comparé à ses précédents films, le réalisateur aurait été ici intimidé par le paysage“… Que “Juliette en fait trop“…. Que “le coup de théâtre n’a pas d’intérêt” (alors que pour moi, il y en a eu 2 !)… Que “c’est une copie conforme de Voyage en Italie“… En même temps, ils ont élu le film roumain Policier, adjectif meilleur film de l’année que je suis allée voir : Mais c’était insoutenable d’ennui !

Copie conforme, du réalisateur iranien Abbas Kiarostami, est celui pour lequel Juliette Binoche a reçu le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes.

Mais ce n’est pas cet élément qui m’a donné envie de le voir. Ce qui m’a attiré, tout d’abord, c’est son titre.

Au cours de mes études, je me suis passionnée pour l’atteinte au droit d’auteur, et notamment pour la contrefaçon dans l’art pictural. Dans sathèse intitulée l’Oeuvre d’art en droit d’auteur, Nadia Walravens explique qu’une copie n’a qu’une infime différence avec l’œuvre originale, de sorte qu’elle est, elle même, une œuvre originale au sens du droit d’auteur.

Dans le film, la notion de copie est abordée au sens philosophico-historique du terme par William Shimmel, l’autre personnage principal, et à travers lui, au sens cinématographique du réalisateur pour la direction qu’il donne à cette aventure.

Pour lui, si on a toujours cru que telle œuvre était originale, alors qu’il s’avèrera plus tard qu’il s’agissait d’une copie, et bien cela n’a que peu d’importance : c’est la réaction suscitée par l’œuvre sur le public qui importe, qu’elle soit originale ou simple copie.

Les dialogues sont riches, denses. C’est vrai qu’il faut suivre, mais j’étais complètement dedans. Surtout qu’il y a des passages d’une langue à une autre, j’adore.

C’est aussi un voyage en Italie, qui, quand bien même les paysages de la Toscane ne seraient pas suffisamment exploités, on ressent aisément la chaleur sous les arbres, la froideur des églises ou de la maison en pierres, la climatisation des musées ou de la salle de conférences.

La scène de la bande-annonce était également intéressante : pour la couleur de la chambre dans laquelle elle se trouve, avec ce bijou fantaisie d’un rouge intense qui d’ailleurs est l’image de l’affiche :

Cette scène me fait d’ailleurs étrangement penser à l’Amant, l’adaptation du roman de Marguerite Duras, certainement pour les couleurs utilisées justement.

On regrettera que ce film soit censuré en Iran, ce qui fait suite à l’emprisonnement du cinéaste Jafar Panahi, soupçonné d’avoir tourné un film allant à l’encontre du régime, mais libéré récemment.

 

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This entry was published on June 6, 2010 at 10:00 am. It’s filed under Ciné, Droits d'auteur and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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