L’amour fou, ou, ce qu’en art, l’Amour peut engendrer

Ayant loupé  plusieurs expositions sur YSL, j’ai opté pour une session de rattrapage. Et je n’ai pas été déçue.


Ce documentaire de Pierre Thoretton se présente comme un entretien entre Pierre Bergé et son interlocuteur, et le tutoiement est de rigueur. On s’y croirait.

C’est, en somme, le témoignage d’une époque, celle de la deuxième moitié du XXème s. à Paris, du point de vue du milieu de la mode, et pas n’importe lequel.

J’ai d’abord porté une grande attention aux extraits vidéos. Je pense précisément à ce passage mythique où, pendant que YSL & Pierre Bergé discutent, un type filmé – de dos – s’essaye au piano. Puis, quand il se retourne, on réalise que c’est Mick Jagger. Normal.

Aussi, aux arrivées au Palace avec Andy Warhol, ou encore lorsque Bernard Buffet tire le portrait d’Yves le jour de sa première collection. A ce propos, à l’occasion de celle-ci, il a dessiné 178 – 178 ! – robes trapèzes et quand on lui demande s’il en est satisfait (alors que, dehors, c’est chaotique : on sent bien qu’il vient de se passer quelque chose), il répond : “Je ne suis pas mécontent“, en toute modestie.

Je retiendrais, en outre, la succession de clichés originaux, dont celui où il entrouvre le rideau pour guetter la réaction de son public.

De plus, à la manière d’une Grace Coddington dans The September issue de R.J Cutler (2OO9), Pierre Bergé crée la surprise ! Personnalité forte & déterminante à la position assumée, l’on comprend vite que tout fut possible grâce à lui. Il a de bonnes fréquentations : Ancien amant de Bernard Buffet, c’est l’exécuteur testamentaire de Jean Cocteau ; ce fut, plus tard, un proche de Mitterand. Par ailleurs, il a eu une place importante, et encore aujourd’hui, dans la reconnaissance des droit des homosexuels. Il est également Président de Sidaction & le magazine Têtu lui appartient.

Mais revenons à YSL : c’est sans doute le premier à avoir immiscé l’art pictural dans l’habillement (Mondrian & autres), sans oublier le fait qu’il a très tôt compris tout l’intérêt d’une ligne de prêt à porter.

Leur collection d’objets d’art est l’un des thèmes majeurs de ce long métrage. Sporadiquement, “les croques-mort de l’art” déshabillent leur appartement Art Déco pour évaluer les pièces, les authentifier, les transporter et enfin, les disperser lors d’une vente aux enchères jamais organisée au Grand Palais  en 2009 – la “collection du siècle“, titrait Le Monde.

Petite anecdote : en sortant du cinéma, une femme d’un certain âge s’assied non loin de moi. Alors qu’elle dégage une douce effluve, je lui demande le nom de son parfum et après un instant de réflexion, elle me répond : “C’est Opium, de Yves Saint-Laurent ; enfin, l’eau de parfum“. Véridique !

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter le site de la Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent.

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This entry was published on October 5, 2010 at 9:06 am. It’s filed under Ciné, Créateurs and tagged , , , , , , , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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